Depuis l’extension progressive de l’obligation du Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) à la quasi-totalité des copropriétés de plus de 15 ans (portée par la loi Climat et Résilience), les syndics, conseils syndicaux et propriétaires se sont lancés dans de grands diagnostics. L’objectif affiché est clair : planifier la rénovation énergétique et sauvegarder le patrimoine bâti sur les 10 prochaines années.
Cependant, sur le terrain, les équipes ERHYG constatent une erreur récurrente : la ventilation reste le grand angle mort des audits et des projets de rénovation.
Pourquoi isoler un bâtiment sans revoir sa ventilation est-il un calcul risqué ? Quels sont les dangers pour le bâti et la santé des occupants ? Comment corriger le tir pour garantir la valeur de votre patrimoine à Rouen, Le Havre ou Évreux ? Décryptage.
Lors de la rédaction d’un Plan Pluriannuel de Travaux, l’accent est massivement mis sur l’isolation thermique (ravalement de façade avec ITE, isolation de la toiture) et le remplacement du système de chauffage. L’idée est légitime : baisser la facture énergétique.
Pourtant, rendre un bâtiment hermétique sans adapter le renouvellement d’air crée un effet “boîte de conserve”.
Avant travaux, les déperditions d’air par les défauts d’étanchéité des menuiseries ou des murs laissaient le bâtiment “respirer” artificiellement. Une fois l’isolation posée, la condensation ne peut plus s’évacuer.
La condensation massive, apparition de moisissures dans les logements, décollement des papiers peints et pourrissement des structures bois/plâtre provoquent une dégradation accélérée du bâti.
Des logements humides deviennent difficiles à louer ou à vendre, impactant directement la valeur vénale des lotsvà cause de l’insalubrité.
Un air saturé en humidité est plus difficile et plus coûteux à chauffer qu’un air sec et renouvelé ! Contact : pertes d’efficacité énergétique.
Au-delà de la pierre, négliger la ventilation dans le PPT pose un réel problème de santé publique pour les résidents. L’air intérieur est en moyenne 2 à 5 fois plus pollué que l’air extérieur.
Sans un système de ventilation mécanique (VMC simple ou double flux) propre et dimensionné :
Les polluants intérieurs (COV, CO2, allergènes) s’accumulent.
Les moisissures libèrent des spores provoquant ou aggravant des pathologies respiratoires (asthme, allergies, rhinites chroniques).
Des risques sanitaires plus graves émergent dans les gaines collectives encrassées (bactéries, odeurs, prolifération de nuisibles).
Pour être réellement cohérent et pérenne, le Plan Pluriannuel de Travaux ne doit pas se limiter aux recommandations d’un diagnostic thermique sommaire. Il doit englober un audit aéraulique et sanitaire complet.
Vérification de l’état des caissons de VMC en combles/terrasses, contrôle des débits d’air en piquage et inspection des gaines collectives (souvent obstruées ou déconnectées).
Dimensionner la nouvelle ventilation en même temps que le choix des nouvelles fenêtres (présence des entrées d’air en haut des menuiseries) et de l’isolation des murs.
Intégrer les travaux d’amélioration de la VMC (passage en VMC hygroreglable B, remplacement des moteurs par des modèles basse consommation) ainsi que le plan d’entretien et de dégraissage périodique.
Spécialiste de l’hygiène des bâtiments, de la qualité de l’air intérieur, de la prévention des risques et de l’assainissement en Normandie, ERHYG intervient aux côtés des syndics de copropriété, gestionnaires de biens et conseils syndicaux.
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